Depuis plus de vingt ans, les plaisanciers, canot-campeurs et villégiateurs fréquentent le Réservoir Poisson Banc pour des excursions de camping et séjournent sur les 80 îles vierges du Réservoir. L’intensification de cette pratique dans les 10 dernières années a laissé des traces profondes sur les sites rustiques du Réservoir. Le Réservoir est victime de sa popularité. Squatteurs et habitués ont fragilisé la capacité de support de nouvelles activités récréotouristiques. Afin de protéger son potentiel récréotouristique et de rétablir l’équilibre, la municipalité de Notre-Dame-du-Laus a voulu mettre à profit sa connaissance intime du territoire pour intervenir efficacement.
Les îles du Réservoir Poisson Blanc se sont vues octroyer, en 2007, un statut particulier de gestion intégrée, dans un contexte de conservation et de mise en valeur des ressources. En collaborant avec le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), la MRC d'Antoine-Labelle et la municipalité de Notre-Dame-du-Laus, la Corporation du Parc du Poisson Blanc a pu mettre sur pied, à l'automne 2006, un projet pilote des plus novateurs au Québec: Amélia. Il s'agissait, en bref, de la mise à l'eau d'un atelier flottant (le ponton Amélia) dont la mission était d'effectuer un nettoyage rigoureux et une caractérisation systématique de toutes les îles du Réservoir Poisson Blanc circonscrites à l'intérieur des limites projetées du Parc. Grâce à Amélia, le réseau actuel des sites de camping du Parc est devenu l'un des meilleurs exemples de gestion environnementale du camping au Québec, c'est-à-dire qui harmonise les pratiques des divers usagers, tout en encourageant la participation des visiteurs aux efforts de protection. Des règlements et un code d'éthique ont été formulés à cette fin. Il est donc important de rester à l'affût de la signalisation. À noter, aussi, qu'une patrouille navale veille au respect de l'ensemble des règles du Parc, de même qu'elle sensibilise régulièrement, en toute courtoisie, les visiteurs quant au code d'éthique du Parc régional du Poisson Blanc.
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Le projet pilote AMÉLIA, c’est un ponton de 24 pieds modifié en atelier flottant. La première embarcation dont la mission est de voir à l’aménagement et la protection du Réservoir Poisson Blanc. Le projet était voué à protéger les sites et restaurer la qualité de ces derniers. Ces interventions visaient à la fois à fournir un bilan réel de la situation tout en préservant le potentiel de ce qui deviendra bientôt un parc régional géré par la municipalité de Notre-Dame-Du-Laus. Ainsi, dans le cadre des interventions de 2006, 35 sites prioritaires ont été retenus pour le projet pilote. Cet échantillon représente la totalité des sites actuels présents sur les îles du Parc régional du Poisson Blanc. Chaque site a fait l’objet d’une analyse afin de définir les actions nécessaires à court, moyen et long terme pour assurer la viabilité des activités récréotouristiques. Cette analyse a indiqué la capacité d’accueil de chacun des sites et permis la réalisation d’un plan d’aménagement et de gestion du secteur. À ce jour, plus de deux tonnes de déchets ont été récupérées, allant de déchets comme des boîtes de conserve à des objets inusités tels qu’un tremplin municipal de trois mètres, des barbecues, des pneus et même un vieux congélateur. Les trois membres d’équipage du AMÉLIA ainsi que ses équipements de sécurité et de nettoyage en ont fait un investissement efficace et économique pour la réussite des objectifs du parc régional. Les employés du AMÉLIA séjournent sur le Réservoir du lundi au vendredi et s'abritent à même les îles du Réservoir. Ils font office de patrouille et sensibilisent les occupants des sites récréotouristiques du parc. À l'aide d'un système de communication, ils sont en mesure d'obtenir de l'aide pour l'évacuation de blessés ou pour tout autre événement nécessitant l'intervention des agents de la paix ou des pompiers en bateau.Voir notre album d'images du projet AMÉLIA.
Au cours des années, plusieurs îles furent la proie de feux non-contrôlés. Les utilisateurs aménageaient systématiquement de nouveaux sites de feu lorsqu'ils considéraient ceux en place inutilisables parce que remplis de cendres ou de déchets. Il en fut de même pour les bécosses improvisées qui avaient tendance à être déménagées sans précaution d'année en année, laissant certains sites couverts de papier hygiénique et autres résidus dont nous vous épargnons la description. Dans un premier temps, toutes les installations sanitaires improvisées ont été enlevées, et pour certaines en bon état, relocalisées à plus de 30 mètres des berges. Les ronds de feu furent nettoyés et réaménagés de façon à ce qu’ils soient sécuritaires et adaptés aux conditions particulières de chaque site, telles l'orientation en fonction des vents dominants, les types de sol et la précarité de la situation géographique par rapport à la proximité du couvert végétal. Ceux ne respectant pas cette dernière condition furent supprimés. Un processus de sécurisation et de réhabilitation des sites dégradés par l’activité humaine et par les tempêtes violentes ayant eu cours ces dernières années fut entrepris. De surcroît, les travaux ne se sont pas limités à rendre les lieux propres et agréables. AMÉLIA 2006 a aussi permis la réalisation d'une planification à long terme de l'aménagement et de la gestion de ce territoire.
Souvent, en guise d’aménagements improvisés et temporaires, de nombreuses structures construites à l'aide de matériaux parfois toxiques pour l’environnement ont été érigées sur les sites. D'innombrables arbres furent victimes des bricoleurs du dimanche, ces gens qui semblent ressentir le besoin d'amener leur quincaillerie en vacances. Clous, vis, broches en quantités impressionnantes furent retirés des troncs et des sites de feu; 30 kilos de métal recyclé en fut le résultat.
L’opération 2006-2007 s’est avérée un succès à plusieurs égards. Une quantité importante de déchets a pu être ramassée et de nombreux sites de camping ont été restaurés. La CPPB entend aussi réaliser une corvée de nettoyage annuelle en coopération avec les municipalités environnantes et les entreprises. D'ailleurs, l’édition Poisson Blanc Sans Frontière 2006, réalisée le 23 septembre 2006, a été un succès en créant un précédent dans la sauvegarde de ce territoire avec plus de 22 bénévoles et 5 employés. Une dizaine de sites furent rénovés. Cette opération fut reconduite en 2007 et 2008 avec des résultats similaires. Les municipalités de Notre-Dame-du-Laus et de Bowman ont ainsi uni leurs efforts dans cette expérience. Plusieurs intervenants sont sur la liste des invités pour l’édition 2009. De la formation pour les bénévoles ainsi que des partenaires financiers sont les principaux défis retenus pour maintenir ces activités grandement nécessaires. Les défis majeurs à venir : il faut que les berges soient renforcées contre l’érosion découlant de la déforestation et des fluctuations majeures du niveau de l’eau du Réservoir. Pour y arriver, la CPPB entend planter au moins 3000 arbres d'ici 2010. Serez-vous parmi la liste des bénévoles?



